NARCOS - Saison 1

Réalisation :     José Padilha [Episodes 1 et 2], Guillermo Navarro [Episodes 3 et 4], Andi Baiz [Episodes 5, 6, 9, 10], Fernando Coimbra [Episodes 7 et 8].
Casting : Wagner Moura, Pedro Pascal, Boyd Holbrook, Juan Pablo Raba, Paulina Gaitan, Joanna Christie, Stephanie Sigman.
Créateurs : Chris Brancato, Doug Miro, Carlo Bernard

« There is a reason magical realism was born in Colombia »


1 saison de 10 épisodes, une 2eme saison en préparation ; tout ça sur Netflix !


En Bref : Narcos est un biopic du Baron de la drogue Pablo Escobar [Wagner Moura] qui retrace sa traque par l’agent de la Drug Enforcement Administration [DEA] Steve Murphy (Boyd Holbrook).


Plus en détail : En 1967, le romancier colombien Gabriel García Márquez avec son roman « 100 ans de solitude », popularise un nouveau mode narratif qui intègre dans un contexte réaliste des événements surnaturels/irrationnels et qui se nomme le réalisme magique.
Narcos commence comme ça; par une définition de ce mode narratif et avec ces phrases qui donnent le ton de la série :
"There’s a reason magical realism was born in Colombia. It’s a country where dreams and reality are conflated, where in their heads people fly as high as Icarus. But even magical realism has its limits.”
A la fin des années 80, la lutte entre les narcotrafiquants et le gouvernement colombien atteint son paroxysme. La violence socio-politique liée au trafic de drogue augmente de manière totalement irrationnelle et incontrôlée. 
Narcos retrace la chasse à l’homme du tsar de la drogue des années 80; Pablo Escobar et du cartel de Medellín par le gouvernement colombien et les Etats-Unis. L’histoire s’articule autour de la carrière criminelle du célèbre trafiquant et est racontée par l’agent américain de la DEA Steve Murphy envoyé des USA pour le capturer. La série retrace au travers de leur histoire, le développement et l’ascension du narcotrafic, le déferlement de la cocaïne dans le monde entier et notamment aux USA et la lutte du gouvernement colombien et des Etats-Unis contre le cartel de Medellín. Lancés dans ce vaste chantier, les créateurs de la série parviennent à nous donner un aperçu de cette période d’extrême violence qui a tant contribué au façonnement de notre monde actuel.


On en pense quoi ? Au bout de 10 minutes, j’étais déjà accro. L’histoire est narrée en voix off par l’agent de la DEA Steve Murphy avec un style plutôt cool et souvent teinté d’humour noir.  La série est très bien documentée, truffée d’images d’archives. Narcos ayant été tournée en Colombie, les superbes images des alentours de Bogotà et ses quartiers défavorisés nous immergent et nous font découvrir le monde des sicarios. Les acteurs sont latino-américains et la moitié de la série est en espagnol sous-titré avec du bon vieux vocabulaire colombien. La BO aussi, de Pedro Bromfman,  est très couleur locale et très agréable. Jamais on ne s’ennuie, dès les premières minutes on est plongé dans l’histoire et notre seule grande déception est la fin de l’épisode 10 qui annonce une longue attente avant la saison 2.
Jamais la série n’aurait été aussi bonne sans ce très bon jeu d’acteurs qui incarnent tous très bien leur personnage avec une préférence personnelle pour les acteurs latino-américains. Au départ néanmoins, le Pablo Escobar de Wagner Moura n’était pas assez convainquant à mes yeux. Non pas en raison de ses talents d’acteurs, mais parce que j’ai vu Lost Paradise et que le charisme de Benicio del Toro reste inégalable. Mais au bout de quelques épisodes j’étais conquise. Je me suis un peu renseignée sur lui et je ne vous cache pas ma surprise en apprenant qu’il était brésilien ! Pour son rôle il s’est installé quelques mois en Colombie, a pris 10 kilos et a appris l’espagnol en 3 mois seulement ! Je trouve le résultat remarquable.
L’acteur n’a malheureusement pas conquis le public colombien qui déplore que Pablo Escobar n’aie pas été interprété par un acteur colombien [on peut les comprendre] et dont l’accent encore trop brésilien selon eux ne passe pas.
Le numéro 1298 de Courrier International parle justement de la série et reporte que le journal local colombien El Tiempo déplore le point de vue trop américano – hollywoodien de la série et critique l’image négative de la Colombie renvoyée dans la série comme étant celle d’un « narco-état » que les Etats-Unis seraient venus sauver.
Narcos est aussi très riche en matière de diversité de points de vue; agents de la DEA, gangsters, gouvernements, société etc, mais je pense que celui de « Tata », épouse de Pablo Escobar (interprété par Paulina Gaitan) aurait mérité une exploitation approfondie. J’aurais beaucoup aimé comprendre comment et pourquoi cette femme a suivi Pablo Escobar jusqu’au bout et aimait d’amour inconditionnel un homme profondément violent, un criminel, un terroriste et qui de surcroit la trompait. Etait-ce par amour ou naïveté ou un peu des deux ?
A part ce détail, la série m’a littéralement clouée au canapé.
On attend donc les Emmy Awards 2016 en espérant que Narcos rafle tous les prix !


A voir ou pas ? Oh que oui et d’autant plus si vous aimez les biopics et/ou histoires de gangsters.


ADALINE

« Better to have loved and lost than never to have loved at all »

Réalisation : Lee Toland Krieger

Casting : Blake Lively, Michiel Huisman, Harrison Ford, Amanda Crew, Anthony Ingruber, Ellen Burstyn

En bref : A la suite d’un événement pour le moins extraordinaire, Adaline cesse de vieillir. Afin d’échapper aux autorités et ne jamais révéler son secret, elle vit cachée des décennies durant. Mais une rencontre amoureuse vient bouleverser sa vie.

Plus sérieusement : Adaline Bowman est une femme du début du XXème siècle, veuve, un enfant. A l’âge de 29 ans, un incroyable événement bouleverse sa vie. Elle survit à un grave accident de voiture qui mêlé à la foudre d’un violent orage provoque l’arrêt du vieillissement de ses cellules. Désormais elle aura toujours l’apparence d’une femme de 29 ans même à 80 ans. Quelle chance me direz-vous ! Mais voilà, évidemment, à l’âge de 45 ans, ce qui pourrait être considéré comme une immense chance, devient un lourd fardeau. Oui, car forcément son apparence éveille la curiosité des autorités. Afin de leur échapper et ne pas devenir un rat de laboratoire, elle fait le choix de disparaitre et de changer d’identité tous les dix ans. Seule sa fille, Flemming (Cate Richardson et Ellen Burstyn), connaît son secret. Pour ne pas révéler sa véritable identité, Adaline s’interdit toutes relations amoureuses et vit sans attache. Mais un jour, un bel homme nommé Ellis, interprété par Michiel Huisman (Game of Thrones), vient bousculer ses plans de vie éternelle.

On en pense quoi ? Vu comme ça ; le pitch semble plutôt banal. Son message, que la citation d’Alfred Tennyson illustre, est plutôt clair : ‘Il est préférable d’avoir aimé et perdu, plutôt que n’avoir jamais aimé du tout.’ C’est une histoire d’amour centrée autour de la question de l’immortalité. Adaline, dans ses plans de vie éternelle, se force à ne jamais tomber amoureuse par peur de souffrir pour un homme qui, lui, subit toujours le passage du temps alors qu’elle y reste figée. Ce qui moi m’a troublé c’est qu’en fait Ellis, l’homme dont elle tombe amoureuse est en réalité le fils de son ancien petit ami, William Jones (interprété par Harrison Ford) avec qui elle a vécu une grande histoire d’amour par le passé! Au cours de leur relation, Adaline est amenée à rencontrer les parents d’Ellis. William alors la reconnait et elle finit par révéler sa véritable identité. Mais cela n’affecte pas la relation entre Ellis et Adaline. Le sujet n’est d’ailleurs même pas abordé. Adaline est donc une femme de plus de 90 ans dans un corps de femme de 29 ans qui refait sa vie avec un homme de 30 ans qui est en fait le fils de son ancien grand amour! Un peu bizarre, non ?Message caché ou manque de profondeur ? Si Adaline avait  vieilli normalement, aurait-elle fait la rencontre d’Ellis ? Sans doute que non.  Si on va chercher un peu plus loin, le message que Lee Toland Krieger a peut-être voulu faire passer est que la seule raison pour laquelle on ne tombe pas amoureux de personnes âgées est l’apparence ? J’ai trouvé dommage que cela n’ait pas été approfondi.

En dehors de cela, l’entrée en scène d’Harrison Ford est une très agréable surprise. Blake Lively, de retour sur le grand écran 3 ans après son dernier film Savages, est aussi touchante et est convaincante dans son interprétation d’Adaline. Mais la grande découverte pour ma part, c’est Anthony Ingruber qui interprète à la perfection un William Jones jeune. J’ai cru au départ que c’était le véritable fils d’Harisson Ford. Donc j’ai mené ma petite enquête, mais pas du tout. Anthony est allemand-autrichien né aux Philippines, il s’est fait connaitre sur le net grâce à ses vidéos d’imitation d’Harrison Ford, Sean Connery, Jack Nicholson…etc sur youtube. Je vous invite à regarder une de ses vidéos, ça vaut le détour. https://www.youtube.com/user/anthonyingruber

A voir ou pas ? Alors oui, c’est un film agréable à regarder notamment pour le jeu des acteurs qui est excellent. Les costumes et maquillage d’époque sont aussi très beaux ! L’histoire soulève beaucoup de questions auxquelles on aura plaisir à répondre en groupe, entre amis ou à deux. Ce qui est dommage c’est qu’il n’est pas sorti en salles en France, juste en VOD. Mais je confirme, Adaline est un très bon film du dimanche qui ne manquera pas de vous faire réfléchir. La critique en France est partagée mais il a très bien marché aux USA.

 

LE PRODIGE

Réalisation: Edward Zwick

Casting: Tobey Maguire, Liev Schreiber, Michael Stuhlbarg, Peter Sarsgaard

En Bref : Le Prodige est un biopic du grand joueur d’échecs américain Bobby Fischer. L’histoire s’articule autour du « match du siècle » de 1972 où Fischer affronta le maître russe Boris Spassky et devint le champion du monde d’échecs.

Plus sérieusement : Sur fond de guerre froide, Le Prodige relate l’histoire du plus grand joueur d’échecs américain de tous les temps Bobby Fischer [Tobey Maguire] et se concentre autour du « match du siècle » de 1972 qui l’opposa au maître russe Boris Spassky [Liev Schreiber]. Ce match historique fera partie des derniers affrontements caractéristiques de cette période de tensions et de confrontations entre les Etats-Unis et l’Union soviétique. Au travers de ce biopic bien rythmé, Edward Zwick (Légendes d’automne, Dernier Samouraï, Blood Diamond) dresse le portrait d’un génie des échecs monomaniaque et paranoïaque tout en concentrant l’action sur le déroulé du championnat d’échecs.

On en pense quoi ? Film très intéressant, construit comme un film sportif et non pas comme un  biopic uniquement concentré sur la psychologie du personnage. Cela donne donc du rythme, ce qui nous permet d’être pris dans l’action et de ne pas forcément devoir s’y connaitre en échecs pour en comprendre les enjeux.
Tobey Maguire qui porte le film s’en sort plutôt bien et réussit à incarner un Bobby Fischer talentueux et tourmenté, obsessionnel et dont le seul intérêt dans la vie est de devenir le champion du monde d’échecs quitte à en perdre la raison.
Petit bémol, la personnalité de Boris Spassky (Liev Schreiber) n’est pas assez exploitée. Seule une scène un peu creuse sert de prétexte pour nous montrer que lui aussi est un peu tourmenté. Etait-ce une manière de généraliser que tous les joueurs d’échecs talentueux sont tourmentés?
De plus, le film démarre avec une scène flash forward du match qui ne m’a pas semblé très utile au déroulement de l’histoire.
Tobey Maguire, ex Spider-Man, s’en sort plutôt pas mal avec un rôle en béton qui redorera certainement le blason de sa carrière d’acteur mais pour Edward Zwick, Le Prodige ne brillera jamais autant qu’un Dernier Samouraï ou un Blood Diamond.

A voir ou pas ? Oui, très instructif surtout si on ne s’y connait pas en échecs. La représentation de ce jeu généralement boudé par les écrans est intéressante ainsi que la psychologie tourmentée des joueurs. Intéressant aussi de découvrir la vie d’un géni américain dont le talent a été porté sur l’échiquier international opposant les Etats-Unis et l’Union soviétique.

Je vous invite donc à aller le voir tant qu’il est encore en salles pour un divertissement instructif.


GIRLS ONLY


« You can’t keep putting aside what you want for some imaginary future. You’ve just got to suck it up and go with your gut"

 

 

Girls Only est le dernier film de Lynn Shelton (Ma meilleure amie, sa sœur et moi, Humpday) avec au casting; Keira Knightley, Chloë Grace Moretz et Sam Rockwell.

 

En bref; c'est l’histoire d'une nana qui ne veut pas grandir mais qui, un jour, n'a plus d’autre choix que de faire face à la réalité. Elle rencontre alors une lycéenne et son papa qui vont changer sa vie. 

 

Plus sérieusement :

Megan (Keira Knightley) est ce que l’on appelle communément une « adulescente », une sorte de Peter Pan qui boude la vie d’adulte malgré ses 30 ans. Avec un pied dans la réalité et l’autre dans un monde imaginaire, Megan plane et évite toutes les situations propices à une remise en question.

Etant donné que notre héroïne prend tout son temps pour grandir, un décalage de plus en plus important s'installe entre elle, son petit copain et ses amies de lycée qui eux parlent déjà sérieusement mariage et bébés.

Jusqu’au jour où... deux événements majeurs surviennent dans sa vie l’obligeant à se confronter à la réalité. Megan a besoin de prendre un peu de temps pour elle histoire de faire le point. Au cours d’une semaine de "face à face avec elle-même", Megan rencontre des lycéens dont notre chère Annika interprété par Chloë Grace Moretz et le père de cette dernière (Sam Rockwell). Cette rencontre va venir tout bouleverser dans sa vie et l’aider à faire face à la réalité.

 

On en pense quoi concrètement ?

Sans être extraordinaire, ce feel good movie se regarde bien. Parfait pour les dimanches après-midi entre copines ou les soirées tranquilles après le travail; il se veut simple, léger et efficace. Le message est clair : vivre sa vie au lieu de la rêver.

Après avoir beaucoup apprécié le jeu de Keira Knightley dans New York Melody (de John Carney), j’ai trouvé qu’elle en faisait un peu too much niveau mimiques. Mais rien de bien méchant.

Je suis toujours aussi étonnée, comme souvent avec ces comédies romantiques légères, de la facilité avec laquelle spontanément le personnage principal réussit à surmonter ses difficultés; c’est toujours surprenant de voir comme il leur est facile de planter leurs fiancés en plein milieu de l’aéroport et la gentillesse avec laquelle ceux qui se font planter laissent partir leur moitié pour de nouveaux horizons sans broncher.

Mais j’ai apprécié qu’il ne s’agisse pas là de mariage et de bébés. En effet, Lynn Shelton aurait pu nous servir la même soupe que dans beaucoup d’autres films « marie toi et fais des bébés pour ne pas mourir seule avec ton chat ». Merci ! Non là, certes il s’agit d’une rencontre mais le message est plutôt « fais ce qu’il faut pour être heureux ». Ouf !

 

A voir ou pas ?

Oui, si on a le temps.